lundi 13 septembre 2010

Medico-social : La nouvelle procédure par AAP

Le décret réformant la procédure d’autorisation administrative pour la création, la transformation ou l’extension des établissements et services sociaux et médico-sociaux a été publié le 26 juillet 2010 (décret n°2010-870). La nouvelle procédure d’autorisation par appel à projet entre donc en vigueur à partir du 1er août 2010. 
Créé par la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (loi n°2009-879 du 21 juillet 2009), le nouveau dispositif inverse le processus d’autorisation. Désormais, les projets de création, transformation ou extension s’inscriront en réponse à des appels à projets lancés, seuls ou conjointement, par les financeurs (préfets de région, directeurs généraux des agences régionales de santé, présidents de conseils généraux) sur la base de diagnostics et états de besoins réalisés au sein de chacun des territoires. 

Cette nouvelle procédure permettra de répondre plus rapidement et plus efficacement aux besoins et attentes des usagers en soutenant l’innovation et l’expérimentation. 

Une réforme pour qui ?


Sont concernés par la réforme, quelque 35 000 établissements et services bénéficiant de financements publics et qui sont soumis à l’obligation d’obtenir une autorisation administrative pour exercer leur activité. Par exemple : 

dans le secteur social :
  • les établissements et services intervenant pour l’aide sociale à l’enfance ;
  • les établissements et services accompagnant les personnes en difficulté sociale, tels que les centres d’hébergement et de réinsertion sociale, centres d’hébergement d’urgence, etc. ;
  • les établissements et services mettant en œuvre des mesures de protection des majeurs ;
  • des établissements et services mettant en œuvre des mesures ordonnées par l’autorité judiciaire. 

dans le secteur médico-social :
  • les établissements et services accueillant des enfants handicapés, tels que les services d’éducation spécialisée et de soins à domicile (SESSAD), les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP), les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), les établissements spécialisés (instituts médico-éducatifs, instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques) ;
  • les établissements et services accompagnant les adultes handicapés tels que les foyers de vie, les foyers d’accueil médicalisés, les maisons d’accueil spécialisé, les établissements et services d’aide par le travail, les foyers d’hébergement, les services d’accompagnement à la vie sociale (SAVS), les services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) ;
  • les établissements et services accompagnant les personnes âgées, tels que les services d’aide à domicile, les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), les accueils de jours, les hébergements temporaires, les centres locaux d’information et de coordination (CLIC) ;
  • les établissements et services spécialisés dans le traitement des addictions : les centres d‘accueil et d‘accompagnement à la réduction de risques pour usagers de drogues (CAARUD), les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). 

Une réforme pour quoi ? Objectifs et bénéfices attendus


Répondre plus rapidement aux besoins et attentes des usagers 
La généralisation de l’appel à projet a pour objectif une meilleure efficience pour mieux répondre aux besoins des publics concernés. 
La nouvelle procédure d’autorisation vise à réduire les délais de mise en œuvre des projets d’établissements et services, en supprimant notamment la mise en attente d’autorisation de projets ne disposant pas de financements. Cette attente pouvait durer trois ans, allongeant d’autant les délais de réalisation et la demande devait être renouvelée si l’autorisation n’était pas donnée dans ce délai. Les promoteurs de projets déposeront désormais leur dossier en réponse aux choix stratégiques des décideurs, correspondant aux besoins identifiés des populations dans les territoires et aux financements disponibles. 

Rendre publiques les priorités des décideurs 
Les appels à projets apportent de la visibilité aux promoteurs de projets sur les publics et les territoires prioritaires, ainsi que sur le type d’accompagnement, les financements mobilisables et les délais de réalisation attendus. 
Le contenu des cahiers des charges ainsi que le déroulé de la procédure et les critères de sélection des projets font l’objet d’une publicité la plus large possible, dans un souci de transparence et d’égalité de traitement envers les promoteurs de projets. 

Permettre l’innovation et l’expérimentation 
La loi prévoit que les appels à projets puissent être l’expression de modes innovants ou expérimentaux d’accompagnement social ou médico-social et des vecteurs d’adaptation et de transformation de l’offre. Encourager l’innovation et l’expérimentation permet ainsi de répondre aux évolutions des besoins des personnes. 
Pour la mise en œuvre des projets expérimentaux ou innovants, la loi prévoit un cahier des charges allégé. 

Une réforme avec qui ? Et comment ?


Comment les orientations, les besoins et les priorités sont-ils définis ? 
Les besoins et les priorités retracés dans les schémas et programmes sont définis par les autorités publiques préalablement à la procédure d’appel à projet. Ils font l’objet d’une étroite concertation qui s’exprime au sein des différentes instances de concertation que la loi du 21 juillet 2009 a renforcées ou créées et notamment : la conférence régionale de santé et de l’autonomie et ses commissions spécialisées, actuellement en cours d’installation en région, les conférences de territoires et les commissions de coordination des financeurs, en particulier sa composante médico-sociale. 
Il appartient ensuite au directeur général de l’agence régionale de santé d’arrêter le projet régional de santé (PRS) et les différents schémas, dont le schéma médico-social, au président du conseil général d’élaborer les schémas départementaux relatifs aux personnes handicapées ou en perte d’autonomie, et aux préfets d’adopter les schémas relatifs aux établissements sociaux comme les plans départementaux d’accueil, d’hébergement et d’insertion (PDAHI) à destination des personnes en difficulté. 
C’est dans le cadre de ces orientations et définitions préalables des besoins avec l’ensemble des acteurs que la procédure d’appel à projet s’engage. _ 
En quoi consiste la procédure d’appel à projet ? 
Précédemment, pour obtenir une autorisation de création d’un établissement ou d’un service, les organismes gestionnaires d’établissements et de services sociaux et médico-sociaux déposaient auprès de l’autorité compétente une demande présentant leur analyse des besoins du public concerné et la description du service assuré. La décision d’autorisation, de non autorisation, ou d’inscription sur une liste d’attente était alors rendue après consultation du comité régional de l’organisation sociale et médico-sociale (CROSMS). 
La loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, a supprimé le CROSMS et organisé différemment le régime de l’autorisation : les préfets, les présidents de conseil général, les directeurs généraux d’ARS engagent une procédure d’appel à projet pour sélectionner les projets à partir d’un cahier des charges et lorsqu’ils disposent des moyens nécessaires et des orientations définies dans les schémas et différents programmes dont le PRIAC pour le médico-social. L’arrêté d’autorisation est pris après classement des projets par la commission de sélection d’appel à projet. 
Le secteur représentant les gestionnaires publics et privés des établissements et services a été étroitement associé à l’élaboration des dispositions réglementaires, conformément aux engagements pris par les ministres au moment des travaux parlementaires. 
Le décret porte la marque de cette concertation approfondie. 

Une réforme qui s’inscrit dans le temps : plan d’accompagnement de sa mise en œuvre


Pour accompagner son déploiement progressif et assurer son inscription dans le temps, l’État et la CNSA ont prévu un plan d‘action qui s’adresse en priorité aux décideurs. Il doit notamment leur permettre d’améliorer la connaissance qu’ils ont des besoins de leur territoire et doit les encourager à coordonner davantage les programmations y compris financières. 
Ce plan d’action repose également sur la communication, l’information et la formation des décideurs, de leurs équipes, ainsi que des porteurs de projet. 
Un plan de communication global a été élaboré. Le kit de communication composé de la brochure La nouvelle procédure d’autorisation des établissements et services sociaux et médico-sociaux par appel à projet, d’un diaporama et duGuide méthodologique pour la mise en œuvre de la procédure généralisée d’appel à projet et l’élaboration du cahier des charges est téléchargeable ci-dessous et sur le site du ministère du travail, de la solidarité et de la fonction publique. 
La plaquette de présentation sera également diffusée au format papier, aux ARS, préfectures, conseils généraux, fédérations d’établissements et associations d’usagers (4 000 exemplaires). 

La formation 
Par ailleurs, des sessions interrégionales de formation sur le nouveau dispositif d’autorisation ont rassemblé en juillet près de 600 représentants des services de l’État, des départements et des ARS. 
La nouvelle réglementation sera intégrée aux contenus des formations initiales et continues dispensées notamment par l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). 

Retour sur le projet pilote qui a permis d’identifier les principes de la réforme


Pour préparer la généralisation du nouveau régime d’autorisation des établissements et services sociaux et médico-sociaux par appel à projet, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie a été chargée, dès mars 2009, par la Direction générale de la cohésion sociale de la conduite d’un projet pilote mené dans trois régions qui avaient éprouvé l’appel à projet dans plusieurs départements et sur différents objectifs : le Centre, la Bourgogne et les Pays de la Loire. 

Chaque équipe pilote régionale regroupant direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS), direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS), conseil général et caisse régionale d’assurance maladie a travaillé sur des champs thématiques précis. Ainsi, les Pays de la Loire se sont concentrés sur le secteur des personnes handicapées, la Bourgogne sur celui des personnes âgées et le Centre a examiné des projets sur les secteurs personnes âgées et personnes handicapées. 

Ces retours d’expériences ont ensuite permis à l’équipe nationale composée de représentants de la CNSA, de la DGCS, de la CNAMTS, d’un conseil général et de DRASS de capitaliser l’information pour préparer les textes d’application, réfléchir aux procédures, élaborer un projet de cahier des charges et à terme le guide méthodologique qui sera remis aux décideurs et mis en partage. 

La procédure d’appel à projet en pratique


Les étapes de la procédure d’un appel à projet 
Cas d’un appel à projet relevant d’une seule autorité
  1. 1. L’appel à projet est lancé par l’autorité compétente selon un calendrier qu’elle définit.
  2. 2. L’appel à projet fait l’objet d’une publication qui doit garantir une procédure sincère, loyale et équitable.
  3. 3. Les opérateurs ont un délai de réponse qui peut aller de 60 à 90 jours.
  4. 4. Une commission de sélection des projets placée auprès de chaque décideur classe les projets. Elle a un rôle consultatif.
  5. 5. L’autorité compétente délivre l’autorisation. 

Cas d’un appel à projet relevant de compétences conjointes 
Les établissements et services qui relèvent d’une autorisation conjointe ARS/conseil général : 
sur le champ du handicap : CAMSP, SAMSAH, FAM. 
sur le champ de la perte d’autonomie : EHPAD, établissements d’hébergement temporaire et accueils de jour. 
  1. 1. L’appel à projet est lancé 
    conjointement par les deux autorités, 
    selon un calendrier défini par eux.
  2. 2. L’appel à projet fait l’objet d’une publication par chacune des autorités qui doit garantir une procédure sincère, loyale et équitable.
  3. 3. Les opérateurs ont un délai de réponse qui peut aller de 60 à 90 jours.
  4. 4. Les dossiers sont instruits par les deux autorités.
  5. 5. Une commission conjointe classe les projets.
  6. 6. L’autorisation est délivrée conjointement par les deux autorités. 

Le cahier des charges 
Il est établi, selon le cas, par la ou les autorités conjointement compétentes pour délivrer l’autorisation. Il rappelle et précise les besoins à satisfaire et le cadrage des projets, dont les modalités de financement. 
La commission de sélection des appels à projets 
Elle comprend de 14 à 22 membres. Elle donne autant de poids aux usagers qu’aux autorités publiques qui disposeront l’un et l’autre de 4 ou 6 représentants lors des délibérations. Les autres membres de la commission auront voix consultative. Il s’agira des personnes gestionnaires d’établissements, des personnes qualifiées, des représentants d’usagers spécialement concernés et des personnels techniques. 
Les critères de sélection des projets 
Les critères de sélection et les modalités de notation ou d’évaluation des projets qui seront appliqués doivent être mentionnés dans l’avis d’appel à projet (décret d’application sur la procédure d’autorisation par appel à projet) et dans le cahier des charges. 
L’utilisation de critères et leur communication dans le cahier des charges permettent d’alerter l’ensemble des promoteurs de façon transparente et équitable sur les éléments jugés comme essentiels dans leur réponse et d’évaluer les différents dossiers de manière homogène et équitable. 
On distingue trois niveaux de critères :
  • Le critère de complétude du dossier : il conditionne la recevabilité du dossier proposé par le promoteur et déclenche son processus d’instruction.
  • Les critères de conformité et d’éligibilité du projet soumis : ils ne rentrent pas en considération dans la notation et le classement du dossier, mais ils en conditionnent simplement l’éligibilité. S’ils ne sont par remplis, la proposition est automatiquement disqualifiée, s’ils sont remplis, la proposition peut être évaluée.
  • Les critères d’évaluation du projet soumis : ils sont pondérés et constituent la base de la notation et de la classification des projets soumis à la commission de sélection des appels à projets notamment sur les points suivants : qualité du projet, aspects financiers du projet, expérience du promoteur, capacité à faire. 

samedi 4 septembre 2010

Encaissement des recettes locales par Internet : la DGFiP propose un nouveau service aux collectivités

MOYENS DE PAIEMENT


Permettre le règlement des titres de recettes par carte bancaire sur Internet, dans un cadre sécurisé et entièrement automatisé : tel est l’objectif du projet TIPI (TItres Payables sur Internet). Présentation de ce nouvel outil proposé par la direction générale des Finances publiques (DGFiP) dans le cadre de l’enrichissement de son offre de services aux collectivités locales, et récemment récompensé lors desVictoires de la modernisation de l'Etat 2010 (1).
Chaque année, près de 100 millions de titres sont émis par les collectivités locales et leurs établissements publics. Afin de faciliter et d’améliorer leur recouvrement, la DGFiP mène, depuis plusieurs années, en partenariat avec les collectivités, une politique active de développement et de promotion de la gamme des moyens de paiement offerts aux usagers. Dernier né de ces instruments, le dispositif TIPI permet le paiement en ligne de l’ensemble des créances prises en charge par les comptables publics.

En quoi le paiement en ligne par TIPI consiste-t-il ?
TIPI est une solution d’encaissement des produits locaux par carte bancaire sur Internet, automatisée de bout en bout. Complémentaire des moyens de paiement préexistants, le service est accessible à partir du portail de la collectivité et fonctionne comme un site marchand, à partir duquel l’usager peut effectuer ses règlements 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

TIPI permet donc d’étendre le 
paiement en ligne, jusqu’ici limité aux recettes encaissées par l’intermédiaire d’une régie (réservation de billets pour les théâtres municipaux ou approvisionnement d’un "compte famille" (2)) aux recettes dont l’encaissement est dévolu au comptable public (eau, loyers, etc).

Quels sont les avantages de TIPI ?
L’usager bénéficie d’un service moderne, accessible à tout moment sans avoir à se déplacer, sécurisé, simple d’utilisation et très rapide : l’opération s’effectue 
en quelques clics et l’internaute reçoit immédiatement après, sur son adresse de messagerie électronique, un ticket confirmant son paiement.

Pour la collectivité, le 
paiement en ligne est l’occasion de rationaliser la chaîne de recettes, l’adhésion au service permettant notamment de renforcer la qualité des titres émis : les paramétrages nationaux du dispositif TIPI impliquent en effet une normalisation des références des dettes ainsi qu’une nécessaire rigueur quant à la précision de l’imputation comptable. De plus, l’automatisation des procédures contribue à sécuriser le recouvrement et, in fine, à améliorer la trésorerie.

A qui TIPI s’adresse-t-il ?

Toutes les collectivités disposant d’un portail Internet peuvent adhérer au service. A compter de 2011, une deuxième version de TIPI permettra même d’étendre le service aux collectivités qui ne disposent pas de leur propre portail.

Deux formules sont possibles pour l’utilisation de TIPI :
- la première, qui peut être développée 
en interne, donne accès au service de paiement via une page de saisie manuelle : l'usager doit renseigner lui-même quelques informations utiles telles que le numéro du titre, le montant à payer et son adresse e-mail. Pour la collectivité, cette version est très simple à mettre en place puisqu'il suffit de proposer un formulaire de saisie ;
- la seconde, personnalisable, permet l’affichage puis la sélection des dettes dans une liste et offre la possibilité d’un suivi de situation 
en temps réel (dans le cadre d’un "compte famille", par exemple). Plus confortable pour l'usager, elle est techniquement plus complexe et nécessite, dans la plupart des cas, l’intervention d’un prestataire extérieur.

Chaque collectivité choisit les produits qu’elle souhaite proposer au 
paiement en ligne (eau, cantine, loyers, etc.). L’ouverture du service peut ainsi concerner un seul, plusieurs ou l’intégralité des produits à encaisser.

Comment bénéficier de ce service ?

L’accès à TIPI est conditionné par le respect d’un cahier des charges et la signature d’un formulaire d’adhésion par type de produit : chaque produit à encaisser doit faire l’objet d’un contrat distinct. Par ailleurs, l’ouverture du service suppose, au préalable, de mener une réflexion sur l’ensemble de la chaîne de traitement des recettes, 
en lien avec le comptable de la collectivité et le correspondant monétique de la DGFiP au niveau départemental.

Le délai de mise 
en oeuvre varie selon les moyens alloués par la collectivité (recours à un prestataire ou développement en interne) et la formule choisie (formulaire ou sélection). Les coûts de création, de développement et d’adaptation du portail Internet sont à la charge de la collectivité. S’agissant de la tarification du service, elle repose sur une répartition équilibrée des frais entre la collectivité et l’Etat : seul le commissionnement lié à l’utilisation de la carte bancaire incombe à la collectivité, le coût du système gestionnaire de paiement demeurant à la charge de la DGFiP.


Pour 
en savoir plus :
Ministère du Budget - Le service d'encaissement des titres par Internet (TIPI) - Diaporama de présentation - Juin 2010


Notes :(1) Le projet TIPI a obtenu, le 9 juillet dernier, le prix spécial "réforme de l'Etat" de la direction générale de la Modernisation de l'Etat (DGME), lors des Victoires de la modernisation de l'Etat organisées par le magazine Acteurs publics(2) Un compte famille est un télé-service permettant de regrouper et de gérer en ligne les différentes facturations dans les domaines de la petite enfance et du périscolaire pour une même famille.


Source : Lettre d'information BERCY COLLOC n°59 - 30 août 2010

dimanche 29 août 2010

La facture électronique vue par les comptables

Les questions de la facture électronique : les objectifs que l’entreprise peut se fixer, le cadre juridique en France, les contraintes techniques et les solutions (en interne ou recours à des plates-formes de dématérialisation).
LE CONTEXTE
À quoi sert une facture ?
La facture a plusieurs fonctions :
- elle matérialise la transaction commerciale ;
- elle est le support d’échanges d’information entre l’acheteur et le vendeur et au sein de l’organisation de l’acheteur ;
- elle est le support des écritures comptables clients et fournisseurs ;
- elle constitue une pièce justificative au regard de la collecte et de la déduction de TVA.
Quelques chiffres
Sur les 1,7 milliard de factures établies en France sur une année par les 2,4 millions d’entreprises, 4 % sont électroniques (environ 70 millions), et moins de 0,5 % sont traités en dématérialisation fiscale.
Il est prévu pour 2005 de 25 à 50 millions de factures électroniques supplémentaires, dont 50 % en dématérialisation fiscale.
Distinguer la « facture numérisée » et la « vraie » facture électronique
Une facture numérisée est une facture qui, au départ, est émise par le fournisseur sous forme papier (même si elle est imprimée à distance).
Elle fait l’objet chez le client d’une saisie, même si elle est éventuellement numérisée et même si elle fait l’objet de lecture automatique de documents (LAD).
Ce flux physique peut, le cas échéant, être doublé par un flux électronique pour alimenter le système informatique, mais la numérisation n’est que la copie électronique d’un document. L’archivage de l’original doit donc se faire sous forme papier.
La facture électronique, elle, est dès sa création sous forme électronique et arrive chez son destinataire sous forme d’image ou de données. En réalité, du point de vue technique, une facture dématérialisée peut être de deux types :
- la facture « texte » ou « image » (apparence similaire à une facture papier) qui est signée électroniquement ;
- la facture de données structurées (fichier informatique), qui sont directement intégrées dans le système informatique du destinataire. Les factures de données structurées sont assimilées aux factures EDI bien connues.
Cette dualité technique a été confirmée sur le plan juridique par le législateur (voir p. 17).
La facture électronique devra être archivée sous forme électronique (qui constitue l’original), quelle que soit sa forme, chez le client comme chez le fournisseur.
Remarque :
Un document perd sa qualité d’original dès l’instant où il ne se trouve plus sur son support premier. Ainsi, la numérisation qui est la première étape de l’archivage sous forme électronique de documents physiques (papier ou support microforme) n’est qu’une copie par rapport à l’original papier.

POURQUOI DÉMATÉRIALISER LES FACTURES ?
Les motivations des entreprises pour mettre en œuvre un projet de dématérialisation des factures peuvent être :
- d’améliorer les processus,
- d’optimiser le coût de traitement de la  facture,
- de partager l’information,
- d’éliminer le papier des process,
- d’optimiser la qualité de l’information,  notamment la traçabilité comptable.
Améliorer les processus
Les processus qui pourront être optimisés par une opération de dématérialisation répondent  à des attentes réciproques des clients et des fournisseurs :
- maîtrise des délais de paiement,
- visibilité du processus en interne et en externe,
- partage de l’information,
- automatisation des traitements,
- validation,
- réduction des appels et des relances,
- meilleure prévision de trésorerie.
Optimiser le coût de traitement de la facture
Le coût « standard » par facture reçue est, selon une étude d’Arthur D. Little (Deskom) de 2001, de 13,8 €, décomposés comme suit :
- réception : 0,9 €
- saisie/codification : 1,4 €
- validation : 5,4 €
- paiement : 2,8 €
- archivage : 1,5 €
- gestion des litiges : 1,8 €.
Le coût « standard » par facture émise, qui se situe dans une fourchette de 8 à 9,5 €, se compose des éléments suivants :
- préparation facturation et comptabilisation : 0,3 €
- envoi : 1,2 €
- rapprochement paiements : de 0,5 € à 2 €
- archivage : 0,8 €
- gestion des relances : 0,8 €
- gestion des litiges : 2,4 €
- coûts de trésorerie : 2,0 €.
Les plus gros postes de coûts interviennent ainsi dans les étapes postérieures :
- à la saisie ou codification des factures reçues ;
- à la préparation/comptabilisation des factures émises.
Améliorer la qualité et la sécurité de la facture
La qualité des données de la facture regroupe :
- la fiabilité des données,
- la validation mutuelle de la facture,
- la traçabilité comptable.
La sécurité peut être améliorée à chaque étape du cycle de vie de la facture :
- création,
- transports et traitements,
- conservation et archivage sécurisé,
- traçabilité.
Optimiser le partage de l’information
Un des objectifs de l’entreprise peut être d’obtenir un meilleur partage de l’information. La facture est le support d’une information qui circule :
en interne, entre les différents services. La dématérialisation :
- permet une gestion collaborative du traitement des factures,
- permet également de se libérer de l’obligation de proximité physique des acteurs,
- peut favoriser l’opportunité d’un redéploiement des ressources ;
en externe, avec les partenaires (au-delà des clients et des fournisseurs, les factors, les banques, les experts comptables, les commissaires aux comptes, la DGI...).
DÉFINIR LE PÉRIMÈTRE DU PROJET
Une démarche qui doit être progressive
Une démarche volontariste par rapport à un projet de dématérialisation des factures permet de fixer les priorités en la matière et, notamment, de procéder progressivement par type de flux, pour certains partenaires, par services, ce qui permet de garder la maîtrise de l’information et des processus. L’entreprise se trouvera donc, la plupart du temps, amenée à gérer des flux mixtes.
De plus, un projet de dématérialisation des factures, quels qu’en soient les contours et le périmètre, passe par la modification d’une série de processus de l’entreprise (par exemple, circuit d’autorisation de dépenses, procédures de contrôle interne). La couverture du périmètre choisi s’effectuera progressivement.
Quelles fonctions de la facture veut-on dématérialiser ?
* L’entreprise doit, dès l’origine, pour mener à bien le projet, définir ce qu’elle cherche à dématérialiser parmi les 3 fonctions suivantes de la facture :
- la fonction probatoire de la facture qui permet de faire la preuve des obligations de l’acheteur et du vendeur (par exemple, dans le cadre du recours à l’assurance-crédit) ;
- la fonction de pièce justificative dans le cadre du contrôle des comptabilités informatisées ;
- la fonction fiscale au regard de la TVA qui permet l’exercice du droit à déduction par l’acheteur et à l’administration d’effectuer les contrôles.
Le projet de l’entreprise peut être de dématérialiser l’ensemble de ces 3 fonctions ou bien de se limiter à une ou deux.
Rappelons que la facture a aussi une fonction de véhicule d’informations entre deux ou plusieurs utilisateurs.
* En outre, l’entreprise doit se demander si elle recherche, par la dématérialisation, la possibilité d’alimenter directement le système d’information comptable.
* En pratique, l’entreprise qui met en œuvre un projet de dématérialisation va être amenée, quel que soit le périmètre défini, à gérer un environnement mixte, compte tenu des contraintes de ses partenaires commerciaux.
LE CADRE JURIDIQUE ET FISCAL
Les entreprises disposent désormais du cadre légal, normatif et contractuel pour établir une véritable chaîne de confiance du traitement du document électronique.
Le contexte juridique et fiscal est le suivant :
* obligation de facturation (CGI art. 289-I-1) ;
* rédaction en double exemplaire (c. com. art. 441-3) ;
* obligation de conservation du double des factures émises (CGI art. 289-I-1) ;
* directive européenne du 20 décembre 2001. Notons qu’elle constitue un atout pour les groupes européens, puisqu’elle est déjà transposée dans un tiers des 25 pays européens et en cours de transposition dans un deuxième tiers ;
* transposition de la directive dans le droit français par :
- le décret 2003-632 du 7 juillet 2003, sur le stockage des factures (CGI, LPF, art. L. 102 C) ;
- le décret 2003-659 du 18 juillet 2003 sur les conditions d’émission des factures, de leur signature électronique et leurs modalités de stockage ;
- l’instruction du 7 août 2003 qui précise les conditions de validité du caractère probant pour les deux procédés de transmission électronique (authenticité garantie par le format structuré du fichier pour la facture EDI, et par la signature pour la facture électronique ; voir RF Comptable 301, décembre 2003, dossier « La facture : mentions obligatoires, dématérialisation, archivage »).
Dispositions spécifiques aux factures signées électroniquement
Le signataire, qui détient et met en œuvre le moyen de création de la signature électronique, peut être :
- une personne morale. La signature électronique est alors produite automatiquement lors de l’envoi des factures ;
- une personne physique. La signature électronique est alors produite par une personne physique en son nom pour le compte de l’entreprise.
Le certificat électronique, document sous forme électronique qui atteste du lien entre l’identité du signataire et les données de vérification de sa signature électronique a les caractéristiques suivantes :
- délivrance par un prestataire de services de certification,
- contenu spécifique a minima,
- absence de nécessité d’un certificat « qualifié ».
Dispositions spécifiques à l’archivage électronique
La norme NF Z 42-103 fournit les spécifications pour l’enregistrement, le stockage et la restitution de documents électroniques afin d’assurer la conservation de ceux-ci.
Concernant la force probante de l’archivage électronique, signalons que les conventions de preuve sont reconnues en la matière.
SOLUTIONS FONCTIONNELLES
Une opération de dématérialisation s’articule autour de quatre axes :
- savoir gérer des factures dématérialisées (GED, Workflow, Processus...) ;
- savoir dématérialiser ses factures (factures structurées, factures signées, scan, OCR, archivage...) ;
- savoir déployer et gérer un monde externe hétérogène (déploiement, communautés, réseaux...) ;
- savoir conserver et fiabiliser une validité juridique et fiscale en mode dématérialisé.
Nous présentons ci-dessous les différentes solutions qui permettent de dématérialiser les factures.
L’EDI
L’EDI (échange de factures de données structurées sans signature électronique) est la solution la plus utiliséedepuis plus de 10 ans, qu’elle soit pratiquée en interne par l’entreprise ou par l’intermédiaire de prestataire de services (plate-forme EDI).
Ce type de dématérialisation est basé sur une convention EDI ou un contrat d’interéchange : cet engagement contractuel entre client et fournisseur régit la responsabilité et la validité des échanges clients/fournisseurs (en conformité avec l’article 289 bis du CGI).
La station EDI du fournisseur et celle du client gèrent :
- le fichier des partenaires,
- la création de l’original (fonction qui concerne le fournisseur),
-  le contrôle des mentions obligatoires,
- la liste récapitulative,
- la transmission de l’original (concerne le fournisseur),
- la réception de l’original et la transmission des données (concerne le client),
- l’archivage,
- la restitution des données archivées.
L’EDI peut se pratiquer en infogérance sous mandat du fournisseur.
Le recours à un prestataire de services permet de s’affranchir d’un contrat d’interéchange client/fournisseur deux à deux. Le contrat de services recouvre au minimum la garantie de la validité juridique, à laquelle peuvent être ajoutés d’autres services, notamment l’archivage.
La facture électronique signée
Le circuit de la facture électronique est le suivant :
- création des données spécifiques de la facture par le fournisseur à partir de données issues d’applications de gestion ;
- intégration des éléments permanents de la facture (par exemple, capital social) ;
- signature électronique par clé asymétrique privée ;
- horodatage (facultatif) ;
- e-archivage immédiat par le fournisseur ;
- transmission de la facture électronique au client ;
- vérification, par le client, de l’identité de l’émetteur par la clé asymétrique publique ;
- e-archivage immédiat par le client ;
- vie de la facture chez le client (indexation, comptabilisation...).
L’entreprise peut, de même que pour l’EDI, externaliser sa dématérialisation en passant par une plate-forme ou un opérateur de facturation électronique. Le fournisseur passe un contrat de services (certificats, mandats), qui nécessite l’accord (même tacite) du client.
S’agissant de l’espace fournisseur, l’opérateur prend en charge :
- l’horodatage et la signature,
- le suivi des émissions,
- l’archivage,
- la restitution des données archivées.
Pour l’espace client, l’opérateur assure (mais le client peut aussi assurer en interne) :
- la réception et l’aide à l’intégration,
- la vérification de la signature,
- l’archivage,
- la restitution des données archivées.
Homogénéiser les supports : le scan
Le scan est l’outil qui permet à l’entreprise d’homogénéiser ses supports : il transforme un document physique en un fichier électronique pouvant être « lié » à d’autres informations (index) dans un objectif de traitement.
Ainsi, des factures non électroniques, indépendamment du fait qu’elles seront archivées sur papier, vont devoir être numérisées pour entrer dans une base d’images (après indexation, LAD ou vidéocodage et vérification) et alimenter le système informatique.
Précisons qu’il existe des formats standards publics de stockage de ces images (pdf, tiff) qui permettent de les réutiliser.
Homogéniser les flux : la LAD
La LAD, opération de reconnaissance des caractères (OCR en anglais), concerne à la fois :
- les factures papier qui ont été numérisées et donc sont issues de scan (voir ci-dessus) ;
- les factures électroniques signées.
C’est l’outil utilisé pour constituer une base d’images indexées qui vont alimenter le système informatique en aval.
Deux techniques sont utilisées :
- soit l’application de modèles. Il existe environ 200 à 250 modèles différents de factures et des masques sont utilisés pour retrouver les mentions obligatoires des factures (montant HT, montant TTC...),
- soit la reconnaissance de mots-clés.

What is a schematron?

The Schematron is a language and toolkit for making assertions about patterns found in XML documents. It can be used as a friendly validation language and for automatically generating external annotation (links, RDF, perhaps Topic Maps). Because it uses paths rather than grammars, it can be used to assert many constraints that cannot be expressed by DTDs or XML Schemas.
Schematron 1.5 can be trivially implemented using XSLT in two stages.
  • Scimitar is a Python implementation of draft ISO Schematron
  • For .NET users, Schematron.NET is an open source implementation at Source Forge.
  • IBM have added Schematron to their Alphaworks technology Business Integration Information Conformance Statements.
  • The JAXEN XPath engine for Java may be optimized for better Schematron performance.
  • A JUnit-related open source project Schema Unit Test allows Schematron schemas.
  • Open GIS (Geographical Information Systems) has added Schematron as a constraint language to their Geography Markup Language.
  • Topologi Professional Edition is an analytics and reporting tool, including editor, that allows Schematron validation of XML and SGML documents. Multiple documents can be validated in batch. Document sets can be sampled, and a Schematron "usage schema" generated, to allow testing that new documents have the same structure as previous documents. Schematron validation is also possible from the context-sensitive tree editor, and the markup editor.
  • James Clarks' Jing librrary supports RELAX NG, WXS datatypes, Schematron, NRL and (through Xerces) WXS.
  • The Topologi XML Judge is GUI-based tool for Windows. It is useful for checking large numbers of files, for developing schemas and for second opinions on other Schema tools.
  • The Topologi Schematron Validator is GUI-based tool for Windows, free for educational and charity uses. It is useful for checking large numbers of files, for developing schemas and for experimentation. It supports Schematron, RELAX NG, Examplotron, WXS, XML DTD, SGML DTDs. It supports Schematron schemas embedded in WXS or RELAX NG Schemas.
  • The Topologi Collaborative Markup Editor is an XML editor for Windows, Mac OS X and Linux. It supports Schematron, RELAX NG, Examplotron, WXS, XML DTD, SGML DTDs. It supports Schematron schemas embedded in WXS or RELAX NG Schemas.
  • The Topologi Proxy Validator supports Schematron and WXS.
  • The OxygenXML editor supports Schmematron 1.5 validation
  • The reference Academia Sinica Computing Centre Schematron 1.5 implementation sits on top of any XSTL implementation. It is useful if you want to create command-line or batch tools, and you want to tailor the output.
  • The ZVON Schematron is an alternative implementation for XSLT. It provides simple output mapping, and is straight-forward and well-coded.
  • The FourThought 4Suite is a Python-based server system which offers Schematron validation.
  • For Perl users, Kip Hampton's XML::Schematron modules bring Schematron functionality as a Perl module.
  • For C++ users, Ivelin Ivanov's Xmlform is a Java implementation forming part of Apache's validation components, and is based on JXpath It is reported to be much faster than XSLT-based implementations.
  • For .NET developers, Daniel Cazzulino's Open Source Schematron.NET is a C# implementation. It is reported to be much faster than XSLT-based implementations.
  • For iteractive editing with Schematron, use the Academia Sincia Schematron in conjunction with James Clark's XT XSLT processor. XT provides line numbers in the standard format used by FSF GNU Emacs, Edinburgh's XED editor, and many others.
A range of implementations are available for various situations:
Schematron can be used in any language for which there is an XSLT implementation available (e.g. FourThought's Python version of XSLT, Java, C++, Perl) and it is also possible to create a native implementation without using XSLT. Early versions were prototyped using OmniMark.

PEPPOL is using schematron to implement the business rules in CEN BII profiles messages validation.

Rick Jelliffe is one of the fathers of schematron : http://www.oreillynet.com/pub/au/1712